Samstag, 15. Juni 2019

Ce que vous allez aimer en adoptant le zéro déchet

Le zéro déchet c'est une mode dirons certains et ils auront raison. Mais quoi de mieux que de pouvoir allier mode et responsabilité, mode et engagement écologique et citoyen. Le ZD c'est dans l'air du temps et ça fait du bien au moral, au porte-monnaie, à la santé et à l'environnement, alors on fonce!

- Les brosses à dents en bambou deviennent partie intégrante de la déco dans la salle de bains. Les brosses à dents  couleur beige de toute la famille s'harmonisent très bien avec un joli pot et un beau carrelage. C'est sobre, tendance et adieu les couleurs criardes de leurs homologues en plastique. 
On atteint le même résultat avec beaucoup d'autres ustensiles aux couleurs naturelles: peigne et brosse en bois, oriculi, pads démaquillants lavables, etc. 

- Les jolis bocaux dans la cuisine: les miens sont de récup, ce qui est encore plus écologique. Je les ai récupérés chez des cousins qui ont acheté une vieille maison et qui ont hérité d'une grande collection de bocaux de tailles diverses. Au retour du marché ou du magasin en vrac, il n'y a plus qu'à remplir les bocaux de féculents, farine, pâtes et autres aliments secs. Ensuite on prend plaisir à les agencer dans ses tiroirs, armoires ou étagères pour un effet déco assuré. Les miens ont un couvercle en verre, ce qui permet de voir l'intérieur facilement pour ceux stockés dans les tiroirs. 

- Le sentiment de libération que vous procure le fait de moins consommer et de tendre au minimalisme. Depuis que je ne fais plus de séances de shopping régulièrement, je me sens plus légère. Plus de culpabilité à avoir dépensé trop d'argent, un sentiment de soulagement quand je vais en ville, en me disant que je n'ai plus besoin d'entrer dans des enseignes de fast fashion (et me coltiner les cabines d'essayage bondées, la queue à la caisse et le temps passé à chercher la perle rare dans l'immensité du choix proposé). J'ai compté mes paires de chaussures il y a peu et j'en ai 25! J'avais complètement sous-estimé ce chiffre et j'ai été un peu choquée en le découvrant. Pas une paire de plus ne fera son entrée chez moi, à chaque nouvelle paire, il faudra que je me débarrasse d'une ancienne.  

- La joie de posséder des vêtements et des objets auxquels on tient vraiment. Pour la décoration et les bibelots on a toujours été minimalistes. Pour les vêtements, c'était plutôt le contraire. Maintenant j'essaie d'adopter tout doucement le concept de garde-robe capsule et c'est amusant à faire. Il faut penser sa penderie en termes de tenues et d'associations. Là aussi, le fait de se débarrasser de vêtements trop petits, trop grands ou qu'on n'a pas mis depuis longtemps procure un grand sentiment de soulagement (même s'il est difficile de sauter le pas). Petit à petit, j'ai réduit ma garde-robe tout en augmentant le nombre de pièces auxquelles je tiens vraiment (échange de vêtements, achats d'occasion ou de vêtements éthiques). 

- Le gain de temps: vu de l'extérieur difficile à croire: cuisiner ses plats soi-même, faire ses produits cosmétiques et d'entretien soi-même et faire ses courses au marché riment avec gain de temps ? Eh bien la réponse est oui. Plus on progresse dans le ZD (car n'oublions pas que c'est une transition à faire progressivement, on ne devient pas ZD du jour au lendemain) et plus on prend conscience de cet avantage qui est sans nul doute le meilleur. Car si on restreint l'activité à laquelle on s'adonnait avant à cœur joie, c'est-à-dire consommer, on arrive à dégager pas mal de temps libre pour des activités beaucoup plus intéressantes: passer du temps avec ses enfants ou aller dans la nature, pour ne nommer que ces exemples. 

- Les économies réalisées: Le ménage au vinaigre blanc et au bicarbonate n'est qu'un exemple des (grandes) économies que l'on réalise en passant au ZD. Alors, l'augmentation de budget que suppose une alimentation 100% biologique est vite compensée par le passage à des produits naturels et réutilisables. 

- La sérénité que vous apporte le fait de savoir que vous faites ce qu'il faut pour protéger la planète et la santé de votre famille: dans un contexte international de plus en plus anxiogène du fait de l'évolution climatique et de l'inaction des principaux dirigeants, les actions individuelles nous font nous sentir mieux. Chacun peut agir à son échelle afin d'apporter sa pierre à l'édifice tout en agissant conscience et âme. C'est l'idée du verre à moitié plein. Au lieu de se dire qu'il est de toute façon trop tard, le fait d'agir, ne serait-ce qu'un peu, permet de rester positif et apporte même une certaine tranquillité. 

Comme pour tout dans le ZD, le premier pas et souvent difficile à faire (surtout pour la majorité des personnes, pour qui l'écologie était un enjeu secondaire, laissé aux mains de quelques babas un peu délurés à leurs yeux). Et une fois cette première étape franchie, on observe des bénéfices personnels et environnementaux. C'est un pli à prendre, tout le monde ne se sensibilise pas au même rythme ni de la même façon aux enjeux environnementaux. Chez moi, c'était mon idée de commencer à tendre vers le ZD. J'ai eu le déclic à l'automne 2018 après avoir découvert le zéro déchet grâce à la Famille (presque) zéro déchet et Béa Johnson. J'ai alors décidé de faire mes courses au marché en emmenant mes contenants. Au début, mon mari a eu du mal à accepter ces changements, il avait peur que je devienne peu à peu une écolo extrémiste qui finirait par arrêter de s'épiler! Je ne l'ai pas brusqué, ni obligé à me suivre dans ma démarche, mais je savais qu'il finirait par avoir un déclic comme moi. J'avais vu la vidéo TEDx de Patri et Fer (Vivir sin plástico). Pour eux aussi, l'initiative était venue de la femme et lui avait fini par voir le plastique partout avant de décider de se lancer avec elle dans l'aventure. Chez nous, cela n'a pas été aussi radical, mais mon mari voit les choses autrement maintenant. Même s'il utilise encore des produits chimiques pour faire le ménage, il a changé d'avis sur beaucoup d'autres points. 

Si vous hésitez, lancez-vous, à votre rythme. Cela en vaut la peine, vous avez beaucoup à gagner !





"L'eau, goutte à goutte, creuse le roc."

Théocrite


Montag, 10. Juni 2019

Pourquoi il est si compliqué de parler de santé mentale

Etant encore largement taboue, la maladie mentale est méconnue et effraie. La majorité des personnes ont des a priori. Par réflexe, on a tendance à ne pas prendre les personnes atteintes au sérieux. C’est l’invisibilité des symptômes qui fait qu’il est parfois difficile de croire qu’une personne physiquement en bonne santé puisse aller mal.
Je me rappelle avoir jugé ou m’être moquée de proches en me disant que c’était bien pratique de tomber malade pour éviter certaines situations. Maintenant je sais que l’humeur peut changer d’une seconde à l’autre, que les angoisses peuvent être si envahissantes qu’elles empêchent toute vie sociale, que le repli sur soi fait partie des symptômes annonciateurs de la maladie mentale et que la paranoïa fait avoir des comportements bizarres (cf. post antérieur "ma maladie mentale").
Au début, aucun diagnostic n’est posé, les médecins ont besoin de temps pour écouter et comprendre le patient. Cela rend le début de la maladie très difficile, il n’y a pas de mots pour dire ce que l’on vit. Durant une crise, la communication avec le patient est très difficile, voire impossible. Il faut attendre de longues semaines, voire de longs mois pour que le patient et le corps médical puisse comprendre ce qu’il lui arrive. Durant cette période, difficile donc de dire à son entourage : « je suis internée en hôpital psychiatrique, mais je n’ai pas encore de diagnostic. J’ai peur de devenir folle. » Cela inquièterait tout le monde. D’autre part, dû justement à cette stigmatisation, on réfléchit bien avant d’annoncer telle nouvelle. Cela pourrait avoir des répercussions, sur le plan professionnel notamment.  
En dehors de cette phase difficile qui suit la crise, je pense que la lourdeur du sujet fait qu’il soit difficile à aborder. On ne lance pas entre le fromage et le dessert « Ah, au fait, je fais des psychoses ». Souvent quand j’en ai parlé à mes proches, on a parlé de toutes les étapes de la maladie, les causes et les conséquences. Avec une amie que je vois rarement, on en parlait beaucoup et même si ça me faisait du bien, j’avais toujours l’impression après de m’être trop attardée sur le sujet et d’avoir gaspillé du temps de nos rares moments ensemble. Alors avec d’autres, j’avais moins envie de rentrer dans les détails, car j’avais besoin de parler d’autre chose.
Au travail, je ne veux pas en parler. La première raison est que tout se répète et se déforme et que cela me dérangerait vraiment que les parents et les élèves soient au courant. Par rapport à mes collègues et à la direction, c’est plutôt par prudence. Dans le contexte actuel, je sais que je serais épaulée et comprise, mais qui sait de quoi l’avenir sera fait. C’est surtout par peur que cette information soit un jour ressortie dans un contexte moins favorable que je n’ai jamais parlé ouvertement de ma maladie. Cependant, si je venais à retomber malade, je ferais peut-être le choix d’en parler pour pouvoir négocier une reprise du travail progressive par exemple. Dans mon établissement, il y a eu cinq burn-outs en cinq ans, alors ça devient malheureusement monnaie courante.
On met du temps à apprivoiser la maladie, à l’accepter et à retrouver une vie normale. Dans ce contexte, il n’est pas évident de s’ouvrir aux autres. Dans mon cas, j’ai traversé, après mon premier épisode psychotique, les états de dépression, de déni, de colère (pourquoi moi ??), de laisser-aller et finalement d’acceptation. A partir de cette dernière étape très apaisante, on retrouve pleinement la confiance en soi et on peut enfin prendre du recul sur la maladie. Là, le discours peut s’organiser et il est plus facile d’en parler. Car oui, la maladie mentale est une maladie du cerveau, la pensée et l’approche au monde sont réduites à néant ou fortement déformées. Et ça, ça attaque sérieusement la confiance en soi. La maladie est un tel bouleversement qu’on a vraiment l’impression de repartir de zéro. Avec la peine et la douleur qu’implique la perte de sa vie normale. Le temps que le cerveau s’en remette, on est limité dans ses actions, on ne peut pas mener une vie normale. Et quand on est guéri, certaines limitations persistent. Mais la confiance en soi revient. 

Il faut absolument libérer la parole à ce sujet, cela rendrait beaucoup de choses tellement plus simples. Cela contribuerait sûrement à rassurer les patients. Ce serait bien si chaque personne qui tombe malade sache qu’il existe des traitements et que cet état ne sera pas perpétuel, que sa vie n’est pas fichue. Le sommeil, le temps et la parole sont les remèdes naturels. Pour le reste, dans nos sociétés, place à la chimie (cf. post antérieur "mon quotidien sous anti-psychotiques")





Freitag, 10. Mai 2019

Les avantages de la vie en Allemagne (si, si il y en a !)


Cette année, cela fera dix ans que je vis en Allemagne. Quand nous avons pris la décision, ensemble, de vivre ici, les arguments qui ont fait pencher la balance étaient clairement économiques. Nous aurions aimé nous installer en Espagne, car mon mari y faisait alors un stage. Mais en 2009, l'Espagne était en pleine crise économique et les salaires et perspectives proposés laissaient vraiment à désirer. Cela a donc été l'Allemagne plutôt que la France, car je sortais de plusieurs années à passer des concours sans succès et je n'avais plus du tout envie de continuer dans cette voie.


Voici ma liste des avantages de la vie allemande:

- un rapport à l'alimentation plus détendu.
En tant que maman française je fais bien attention à ce que ma famille mange équilibré. Mais on a aussi intégré des éléments de l'autre culture qui sont bien pratiques. Pas le temps de cuisiner un soir, pas grave, on fait un Abendbrot (tartines de charcuterie ou fromage accompagnées de crudités… ou pas). Choupie ne mange pas de légumes, pas si grave, me fait remarquer mon mari, il a bien été nourri à la charcuterie tous les soirs, lui.

- Il y a de très grands parcs dans les grandes villes.

- Il y a plus de pistes cyclables et de transports en commun.

- Dans mon métier d'enseignante: comme il n'y a pas de vie scolaire, il n'y a pas  cette culture de la sanction (même si on en donne aussi, hein) et donc on est plus proches de nos élèves.

- On peut aller au restaurant à n'importe quelle heure.

- La conduite est plus relax (comparée au Sud de la France) … enfin sauf sur la troisième voie de l'autoroute.

- Les grèves sont rares. Les fonctionnaires doivent même demander l'autorisation, mais personne ne le fait parce que c'est très mal vu. Ça, ça craint quand même!

- A mon arrivée, j'ai très bien été accueillie. Les Allemands aiment bien leurs plus proches voisins.

- Plus de temps libre: dans mon métier, j'ai moins de vacances (13 semaines tout de même!), mais des journées moins chargées (les cours du matin terminent vers 13h, ceux de l'après-midi vers 15h30, 17h30 au lycée). Quand Choupie ira à l'école, elle aura tout le temps de faire ses activités extra-scolaires et ses devoirs dans l'après-midi.

- Les employés de services sont, sauf exceptions, plus agréables et moins aigris.

- Noël, ça dure un mois et il neige! La magie des marchés de Noël, les calendriers de l'Avent (les vrais, avec pleins de petits cadeaux dedans, pas que du chocolat), la couronne de l'Avent qui trône sur la table de la salle à manger… je ne m'en lasserai jamais.

- Pendant les fêtes ou les anniversaires, les tables sont toujours bien décorées en accord avec la saison: marrons en automne et coquillages en été (l'Allemagne a des plages et même des îles! Ça fait rêver).


- J'ai failli oublier le plus important: les bonnes bières! Ça change de notre Kro. 

Voilà pour cette première liste sur mon blog. Je ne pensais pas trouver autant d'avantages 😂 !




Freitag, 1. März 2019

Zéro déchet: bilan 2018 / objectifs pour 2019

À l'automne 2018, j'ai découvert le zéro déchet et j'ai commencé à m'y mettre petit à petit. La règle d'or pour y arriver est d'y aller pas à pas et de ne surtout pas vouloir passer complètement zéro déchet du jour au lendemain. C'est assez frustrant au début, car une fois qu'on a eu le déclic zéro déchet, on voit le plastique et les emballages partout et on se sent un peu impuissant. 

J'ai été élevée à la campagne et dans le respect de l'environnement. C'est un bon début pour la démarche zéro déchet (ZD). J'ai donc l'habitude d'éviter les achats superflus, de cuisiner et de manger sain. Mais pendant longtemps je ne me suis pas posée de questions sur mon mode de consommation et surtout, je pensais bien faire en recyclant, consommant juste ce dont j'avais besoin et en prenant mon vélo. Tout a commencé quand j'ai décidé de privilégier les matières naturelles pour mes habits, après avoir constaté que je transpirais moins dans du coton que dans de l'acrylique. Et puis de fil en aiguille, j'ai fini par abandonner la fast-fashion. D'abord Zara, Mango, H&M, etc. Et puis même les labels qui ont une charte et qui commencent à faire un peu attention: We et White Stuff. Pendant des années j'ai privilégié ces deux enseignes, mais elles n'en sont qu'aux prémices par rapport à des labels certifiés ou écologiques. Pas si facile de renoncer à tout ça! Et cette année, j'ai trouvé LA solution: les bourses aux vêtements. J'y vais depuis que ma fille est née pour elle, alors pourquoi pas pour moi aussi. Je crois que c'est une barrière psychologique à passer. On ne sait pas d'où viennent les habits, certes, mais deux lavages et hop, c'est parti. Je préfère ça à continuer à me prendre tous les produits chimiques présents dans les habits neufs émanants du tissu ou de la teinture. En janvier je me suis rendue à l'une de ces bourses et j'ai trouvé des trucs chouettes. 















Quand j'étais encore étudiante, je suis passée à la pierre d'alun pour éviter l'aluminium présent dans les déos classiques. (Cette année je l'ai acheté sans emballage.) J'ai également commencé à me poser des questions sur les effets des cosmétiques sur ma peau. Alors il y a quelques années, je me suis mises aux huiles végétales pour m'hydrater. 

Voilà les domaines dans lesquels j'avais opéré quelques changements avant de m'intéresser au ZD. Quand au commence à passer au ZD, tout change. On commence à voir le mal partout si je puis dire. On se rend compte que beaucoup de nos habitudes si ancrées en nous depuis des générations (enfin au moins deux, celle de nos parents et nous. On revient aux remèdes de grand-mères.) ne sont pas du tout en adéquation avec nos idéaux. Et on se rend compte que cette démarche fait du bien à la planète et à notre corps. Comme le dit Jérémie Pichon (Famille (presque) zéro déchet), on se détoxifie.

Le ZD chez nous en 2018:
- La salle de bain: savons et shampoings solides, brosses à dents en bambou, huiles pour hydrater visage et corps et pour se démaquiller, pierre d'alun, cup et serviettes hygiéniques et pads démaquillants lavables, mouchoirs lavables (sauf pour les jours de rhume, faut pas pousser quand même), cotons-tiges bannis.

- La cuisine: vinaigre blanc pour nettoyer les surfaces, on lave nos éponges au lave-vaisselle, pailles en inox. 

- Les courses: achats au marché avec nos contenants pour les fruits et légumes, la viande, le pain et le fromage. Bouteilles en verre consignées pour les boissons (Ce système est la norme en Allemagne.)

- Le ménage: j'utilise un mélange d'eau, de vinaigre et d'huile essentielle d'orange pour tout nettoyer. Pour détacher les habits, je frotte les tâches avec du savon de Marseille. J'achète une lessive écolo (mais pas en vrac). 

- Les vêtements: d'occasion en grande majorité pour Choupie et un peu pour moi. Marques éco-certifiées ou respectueuses de l'environnement à toutes les étapes de la production. Pièces choisies, on passe au minimalisme après un grand tri en 2018. Réparation de chaussures. 

- Noël 2018: sapin en bois et nappe et serviettes en tissu pour les repas de famille.

Les objectifs ZD pour 2019: 
- le dentifrice solide et le shampoing sec non emballés et naturels
- compléter le stock de mouchoirs et de serviettes hygiéniques lavables
- trouver des alternatives aux tupper en plastique
- boire l'eau du robinet
- coudre ou acheter des essuies-tout en tissu
- commander la caisse de légumes les semaines où on n'a pas le temps d'aller au marché afin d'éviter au maximum le supermarché
- parler de notre démarche à la famille et aux amis afin d'éviter les cadeaux avec trop de plastique ou d'emballages
- trouver une alternative au cuir conventionnel. 

Et vous, quelles habitudes avez-vous / allez-vous adopter?



Samstag, 29. Dezember 2018

Enfant trilingue

Ma fille, surnomée ici Choupie, vient d'avoir 2 ans! 2 ans et demi déjà que, d'abord dans mon ventre, puis après sa naissance, elle est au contact de trois langues quotidiennement. 
Étant moi-même bilingue (français-espagnol), je ne me suis pas posé beaucoup de questions pour Choupie. La seule question sur laquelle j'ai fait quelques recherches pendant ma grossesse, c'était de savoir si je pouvais parler dans mes deux langues à ma fille. Bien évidemment je sais qu'il faut, dans l'idéal, respecter le principe d'une langue = une personne, en général un parent. Mais j'ai aussi trouvé des arguments pour le une langue = une situation, un environnement précis. Il serait donc possible d'après certains spécialistes de déroger à la règle d'une langue représentée par une personne pour associer une langue à un contexte donné. Dans notre cas, j'applique cette règle lorsque nous sommes en vacances en Espagne, alors je me permets de parler à Choupie en espagnol. Je le fais aussi parfois quand nous parlons, ma mère, Choupie et moi. Alors, je dis certaines phrases à Choupie en espagnol. Pour moi, ce serait vraiment bizarre de ne jamais parler à ma fille dans ma deuxième langue. Elle fait aussi partie de moi, donc je ne vois pas pourquoi je devrais réprimer cette envie. Cependant, je pense qu'il faut restreindre l'usage de l'espagnol à ces deux situations précises afin d'éviter de créer des confusions chez Choupie.
Au début, chacun a donc parlé naturellement sa langue avec elle, à savoir son papa et à la crèche l'allemand, sa mère et son grand-père le français et sa grand-mère l'espagnol. Elle est en contact quotidiennement avec toutes ces personnes car mes parents sont nos voisins. Bien avant qu'elle ne commence à parler, on s'est rendu compte qu'elle comprenait tout ce qu'on disait dans les trois langues. Choupie a commencé à parler cette année et ses premiers mots ont été dans le désordre : papa, mama, este, esta (celui-ci, celle-ci en espagnol), ya está (ça y est en espagnol), ist (est en allemand) et ja (oui en allemand). Depuis quelques semaines elle a commencé à apprendre plus de mots, à en répéter beaucoup et aussi à les associer entre eux. En ce moment, elle joue souvent avec sa petite cuisine et ses accessoires et nous sert une part de pizza ou une tasse de café. Selon la personne à qui elle tend l'objet, elle dira chaud (prononcé sau), heiß ou quema (prononcé mema). Elle connait la plupart des mots dans les trois langues, mais quand elle ne connait le mot qu'en allemand par exemple, alors elle l'utilise avec tous en allemand. C'est le cas pour Brot (pain en allemand) et ja. Elle fait des associations comme au lit ou papa douche. Pour l'instant elle a utilisé quelques verbes en allemand et en français : Choupie gemalt (Choupie dessiné) ou maman danse et mama tanzen. Souvent, on remarque que quand il lui manque un mot dans l'une des langues, c'est qu'il est plus difficile. Elle arrive donc à reproduire les mots plus faciles comme par exemple Wurst et saucisse (la correspondance espagnole salchichón étant plus difficile) ou alors couche, compresa (Windel étant le mot manquant). 
Pour l'instant, tout se passe très bien. On remarque que l'allemand est sa langue dominante, mais c'est tout à fait normal. Quand elle était toute petite, je me demandais si elle parlerai espagnol, sa langue minoritaire. Maintenant je peux dire que c'est bien parti. Tout s'est fait naturellement et même si on avait déjà l'exemple de mon frère et moi dans la famille, c'est toujours aussi bluffant de voir un si petit être passer comme ça d'une langue à l'autre. Finalement le seul "effort" à fournir, c'est de veiller à lui proposer des livres dans les trois langues et pas seulement en allemand. 
Pour moi, ce qui est un peu difficile et que j'essaie de contrôler, c'est d'éviter de lui parler en allemand lorsque nous sommes en contexte monolingue allemand. Si je suis de sortie avec Choupie, mes copines et leurs enfants, alors je me surprends à parler à Choupie aussi en allemand afin que les autres comprennent. Il y a souvent des situations où on s'adresse à l'enfant et on souhaiterait que les autres comprennent aussi. Là je me force vraiment à rester en français, car je pense qu'à terme, cela pourrait faire gagner du terrain à l'allemand et peut-être même conduire au scénario que j'ai si souvent entendu chez d'autres mamans françaises: je lui parle en français, mais il me répond en allemand. Et surtout, on ne respecte plus la règle d'or un parent = une langue. 
Au-delà du côté "ouah, mon enfant parle trois langues!", en cette période de grands progrès dans l'aire du langage, on est surtout contents de pouvoir mieux communiquer avec elle et de l'entendre dire de nouveaux mots chaque jour. Ce n'est pas si différent que pour une famille monolingue finalement. 
Et pour finir, je vous conseille deux blogs sur le même sujet que j'aime beaucoup. Le blog d'une copine de l'époque où j'étais assistante dans un collège allemand. Elle a fondé une famille franco-turque en Allemagne (mon-enfant-trilingue.over-blog.com). Et celui de Margarida, Catalane vivant à Nantes, qui parle dans ses deux langues à sa fille (lesmotsdemarguerite.com).




Freitag, 21. Dezember 2018

Mon quotidien sous anti-psychotiques

Après trois épisodes psychotiques en quatre ans, j'ai décidé de continuer à prendre mon traitement afin d'éviter une rechute. Cette décision est mûrement réfléchie. En 2017, après la deuxième rechute, j'ai enfin accepté ma maladie et le fait de devoir prendre un traitement de longue durée. 

Au quotidien, la maladie pèse plus ou moins sur tout ce que je fais, selon l'espace-temps qui me sépare d'un épisode. Plus je m'en éloigne et moins j'y pense, moins je fais attention à moi. C'est presque impossible d'être tout le temps sur le qui-vive, la routine l'emporte et le stress ou la fatigue finissent par revenir dès que je baisse un peu la garde. 


Le sommeil

Le traitement sur la durée, à savoir de la quétiapine, un anti-psychotique à prendre tous les soirs, signifie que je ne dois pas oublier de le prendre à heure plus ou moins fixe. Comme à la bonne vieille époque de la pilule! Après plusieurs essais au début, j'ai finalement adopté l'horaire suivant: 18-19h en semaine et 19-21h le week-end. J'ai remarqué que la fatigue que produit ce médicament persiste le matin si je n'espace pas la prise et le lever de 12 heures. En revanche, le soir, je fatigue, voire je m'endors carrément, environ trois heures après la prise du médicament. Il faut donc bien que j'y pense tous les soirs pour ne pas être dans les vapes le lendemain matin. Il m'arrive d'avoir sommeil très tôt le soir, ce qui est un peu handicapant quand on reçoit des amis ou si on sort. Et le week-end, j'ai beaucoup de mal à me lever le matin.  

La consommation d'alcool

Et puis il y a l'alcool.... grand problème pour moi de ne pouvoir de temps à autres déguster un bon verre de rouge ou un petit muscat ou bien même une margarita. Quand j'associe alcool et médicament (oui, je sais...), le soir, dans mon lit j'ai des fourmillements dans les membres. Donc autant dire que je ne l'ai pas fait souvent. Ce que je fais parfois, c'est que je m'autorise un verre et je fais l'impasse sur le médicament ce jour-là. J'ai fini par l'avouer à ma psychiatre cette semaine qui m'a répondu que ça n'était pas grave tant que ça restait ponctuel (une fois tous les deux mois environ). 
L'alcool, c'est aussi un élément culturel de consommation courante, si bien que les gens ne comprennent pas toujours qu'on n'en consomme pas. J'ai toujours droit aux réflexions: "T'es enceinte?" ou "Tu ne bois pas d'alcool?", "Allez, un petit verre ça ne fait pas de mal". Je préfère passer pour la fille trop saine ou coincée que de raconter mon histoire à tout le monde.

Les effets secondaires

C'est ce qui me faisait très peur au début et puis maintenant je n'y pense plus trop. Je ne me suis pas vraiment renseignée. Maintenant je ne vois plus le traitement comme un ennemi, mais comme un allié. C'est grâce à lui que les angoisses et autres troubles psychiques sont sous contrôle, donc heureusement qu'il existe.
Le principal effet secondaire, après la fatigue, c'est la prise de poids. La quétiapine et l'olanzapine que je prenais avant ma grossesse m'ont fait prendre 10 kilos. J'étais mince, donc le changement ne choque pas trop, mais ça m'embête surtout au niveau du ventre, là où ça se voit le plus.
La majorité des neuroleptiques sont photosensibles, le mien y compris. Ça veut dire pour moi haute protection solaire obligatoire tout l'été sur le visage. Malgré cela, j'ai quelques taches qui sont apparues ici et là.

La vigilance en permanence

Prendre un anti-psychotique cela ne suffit pas à éviter de tomber malade, il faut aussi y mettre de la volonté. Il faut changer certaines habitudes, éviter la fatigue et le stress autant que possible. D'un naturel plutôt à tout faire à la dernière minute, j'ai appris à m'organiser et à mieux répartir mes tâches. Maintenant je prépare les contrôles pour mes élèves deux semaines à l'avance, j'organise toutes les photocopies pour la semaine le lundi ou le vendredi d'avant. A la maison, j'ai appris à lâcher du lest, tant pis si je suis trop fatiguée pour ranger la cuisine le soir ou lancer une machine, je laisse pour le lendemain.

Peut-être que la méditation, le yoga ou le changement de certaines habitudes me permettrait de vivre sans traitement. Peut-être qu'il existe des alternatives naturelles. Mais le traitement c'est la sécurité, et même avec, ce n'est pas l'assurance que je n'aurai plus de rechute. Il me permet de garder à peu près le même rythme de vie qu'avant. Je travaille 16 heures par semaine, je m'occupe de la maison et de ma fille.

Dienstag, 4. Dezember 2018

Maladie mentale: les symptômes qui persistent après la crise

La maladie mentale, c'est plus complexe que la maladie physique. Déjà ça ne se voit pas, donc c'est plus difficile à comprendre et à accepter. Et puis difficile de dire à partir de quel moment on est guéri puisque souvent, il faut prendre des médicaments pendant longtemps pour éviter une rechute. Aujourd'hui je veux parler des symptômes qui persistent après une crise. Il y a trois phases dans la maladie mentale: les signes avant-coureurs, la crise et la rémission. On est guéri à partir du moment où l'on retrouve sa stabilité, ou l'on est "stable" comme disent les médecins. Retrouver la stabilité cela demande du temps, même si le "gros" de la maladie, c'est-à-dire la crise, est passé, certains symptômes sont encore là. 
A titre d'exemple, les signes avant-coureurs peuvent être beaucoup de stress, du manque de sommeil et des angoisses. La crise, ce peut être un épisode psychotique. Et les symptômes qui surviennent après ou qui persistent sont les angoisses, le stress et les troubles du sommeil. 
Dans mon cas, les mois suivant un épisode psychotique (voir ma maladie mentale), j'ai dû faire face à ces symptômes. Alors que je n'avais jamais eu d'angoisses, sont survenues certaines peurs qui ont heureusement disparu aujourd'hui. 
Pendant presque un an, je n'ai pas pu conduire. D'un coup, au volant, j'avais peur et je devais m'arrêter immédiatement. Sans raison, une angoisse surgissait, m'empêchant de continuer. La nuit aussi, il m'arrivait de me réveiller en ayant peur. Il fallait allumer la lumière et au bout d'un moment, ça passait. Le problème, c'est que ça pouvait surgir à n'importe quel moment et que je ne savais pas de quoi j'avais peur. Assez rapidement, je me suis rendue compte, que le fait d'en parler avec quelqu'un m'aidait. Comme si la communication m'ancrait dans le réel et faisait s'envoler cette peur irrationnelle. Je commençais donc à parler à la personne la plus proche quand cela arrivait: "J'ai peur! - De quoi as-tu peur? - Je ne sais pas. - Comment je peux t'aider? - Ça m'aide d'en parler. etc." Et petit à petit, à dire ce que je ressentais et ce que j'étais en train de faire, la peur disparaissait. Souvent c'était mon mari qui était à côté où que j'appelais par téléphone. D'autres fois, c'était une collègue ou un membre de la famille. 
Il m'est également arrivé d'avoir peur dans les transports en commun. Là c'était vraiment handicapant, car je me rends au travail en train. Cette peur-là, j'ai dû l'affronter parce que je n'avais pas le choix. Mais heureusement ça n'est pas arrivé très souvent. En revanche la peur en voiture, c'est en y allant petit à petit que j'ai pu la vaincre. Au bout de longs mois sans conduire, j'ai décidé d'affronter ma peur, car je ne voulais pas que cette phobie s'installe. J'ai donc commencé par de petits trajets que je connaissais bien. Et puis, je me suis attaquée au trajet maison-collège (1 heure de route). Les premières fois, je devais m'arrêter à mi-chemin pour faire une pause. Puis j'appelais mon mari qui me rassurait et je repartais. 
Finalement, durant ces périodes, ce qui m'a aidée à m'en sortir, c'est d'abord la volonté de guérir et de retrouver une vie normale. Ensuite, le soutien de mes proches a été primordial. Mon mari était une sorte de coach à qui je pouvais tout le temps me confier. Ma mère, qui nous a rendu visite et est restée plusieurs semaines chez nous, m'a aussi beaucoup aidée à reprendre confiance. 

Quand on a une maladie psychique, le monde s'écroule. La vie normale s'arrête et on est catapulté, quelques heures, plusieurs jours ou plus longtemps dans le cas d'une psychose, dans une sorte de monde parallèle. On n'est plus dans la réalité, on la perçoit différemment. On est dans une sorte de pièce de théâtre où notre cerveau devient maître. On a des certitudes, souvent loufoques, qui nous font agir de manière étrange, voire dangereuse. La rémission est lente et on ne sait pas à l'avance combien de temps il faudra pour guérir. Au début, le malade et ses proches ont peur que cet état dure toujours, mais il y a des médicaments et des thérapies qui permettent de guérir. J'ai même rencontré des gens à l'hôpital qui n'ont pas été malades pendant 20 ans. 


Ce que vous allez aimer en adoptant le zéro déchet

Le zéro déchet c'est une mode dirons certains et ils auront raison. Mais quoi de mieux que de pouvoir allier mode et responsabilité, mo...